A t-on le droit d’être infecte quand on est brillant ?

Semaine dernière, j’ai échangé avec une amie qui me raconte qu’elle s’était pris la tête à son boulot. Elle avait fait une erreur et s’était fait « pourrir » par son N+1. On débriefe et je comprends que son boss est « tu comprends, le style brillant mais méga exigeant ».
J’ai très souvent entendu parler de cette catégorie de personnes.
Cette fameuse catégorie qui professionnellement rend la vie des autres un enfer mais que l’on excuse parce que cette même personne est « brillante ».

Alors, on acte : détenons nous une autorisation spéciale pour être désagréable quand on est doué ?

 LE MYTHE DU GÉNIE TORTURÉ

Cette image d’Épinal du poète en proie à ses démons intérieurs pour pouvoir accoucher d’un chef d’œuvre.
Si les artistes ont très certainement une sensibilité à leur environnement plus forte que la moyenne des êtres humains, cela ne signifie par pour autant qu’ils doivent tous être torturés et malheureux pour être bons dans leur domaine. Si ?

C’est comme si nous avions «intégré et accepté collectivement cette notion que la créativité et la souffrance sont liées par nature, et que le talent artistique [conduit] toujours à l’angoisse, Êtes-vous à l’aise avec cette idée?»

interroge l’écrivain Elizabeth Gilbert.

Ce même mythe se retrouve bizarrement au sein des entreprises avec l’idée que ceux qui sont brillants intellectuellement, qui réussissent de grands projets, qui ont une vision disruptive seraient dédouanés d’être caractériels.
Pourquoi accepte t-on d’être rabaissé ou du moins excusons-nous ces génies potentiels lorsqu’ils le font?

Pourquoi les gens un peu moins « brillants » ne seraient-ils pas eux aussi autorisés à traiter les gens avec mépris et sans y mettre les formes ?
Attention, il y a des personnes profondément incompétentes ET désagréables à la fois. Être insupportable n’est bien sûr, pas l’apanage de la quintessence des professionnels ! 😉

On peut déjà noter qu’il y a un lien assez direct entre le fait d’accepter ces sauts d’humeur parce que ces personnes « brillantes » se retrouvent à des rôles hiérarchiques élevés et donc plus compliqué de s’y opposer frontalement.

Mon amie est quelqu’un qui a confiance en elle, sensible à la démarche de bien-être en entreprise. Au téléphone elle m’assure que:

«Travailler pour cette personne est super motivant, j’apprends beaucoup ».

Notre héritage du masochisme judéo-chrétien de « il faut souffrir pour… » se répand jusqu’en entreprise sans que nous en ayions conscience !

Pendant 10 ans, j’ai travaillé au sein d’une boîte qui valorisait l’excellence. Pour atteindre cette excellence, il y avait une forme d’accord tacite : il fallait ne faire aucune erreur et pour éviter que des erreurs ne soient commises, les gens particulièrement « smart », occupant des postes à responsabilités avaient aussi le droit d’être un peu tyran sur les bords.
Pour ma part, j’ai toujours eu la croyance qu’au contraire, les femmes et les hommes « brillants » étaient à la fois exceptionnels intellectuellement, et dans leur relationnel : par leur humilité, leur empathie et leur sens de l’écoute.

DROIT A L’ERREUR et MOTIVATION

Mon amie serait dans un contexte beaucoup plus détendu et dans des relations plus saines, apprendrait-elle moins ? Cela serait-il pour elle un environnement moins motivant ? A t-on besoin d’un coup de fouet de temps à autre pour avancer ?
Je suis persuadée du contraire. Je suis persuadée qu’un dirigeant qui montre sa vulnérabilité et donc autorise l’erreur tout en cherchant à en tirer des leçons et à les corriger pour le futur, met en place un environnement propice à la créativité et au dépassement de soi des équipes.

Bien entendu, nous ne sommes pas tous Dr es zénitude des moines bouddhistes et hausser le ton peut arriver à tout le monde. En revanche, ne supporter aucune erreur et devenir blessant dès que cela arrive ne permet pas aux équipes de grandir.

Comment réagir face à ces personnes qui vous parlent mal ? Comment réagir lorsque sa hiérarchie est particulièrement détestable dans son relationnel ?
Vous pouvez réagir à chaud en expliquant calmement que vous ne souhaitez pas que l’on vous parle ainsi ou vous pouvez reprendre la discussion à froid, et préciser que vous avez besoin que l’on vous parle de manière respectueuse.
Bien évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire dans la réalité.

Ce qui peut vous aider est de savoir où vous mettez la limite, où vous saurez dire stop et d’arrêter de dédouaner ce comportement.
Quel que soit le niveau hiérarchique de la personne, quel que soit son niveau intellectuel, quelles que soient les réussites de cette femme ou de cet homme, rien ne l’autorise à être en dessous du niveau de la mer sur le plan relationnel .

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Avez-vous déjà rencontré ce type de comportements ?
Comment avez-vous réagi?
Qu’est-ce qui vous a permis de réagir de cette manière ?

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