Burn-out et Les vacances sont dans un bateau…

Cet été, en moins d’une semaine, j’ai rencontré 4 personnes en arrêt maladie suite à un burn-out et 2 qui semblaient dangereusement en prendre le chemin. Je ne prétends pas avec ces chiffre valider une étude statistique poussée mais cela m’a interpellé. Six témoignages à des moments différents, six regards sur une même détresse.

Mais que faire ? Est-il possible de les aider ?
Existe t-il une recette magique pour les sortir de cette lente descente aux enfers ?

« VIVE LES VACANCES, VIVE L’INSOUCIANCE… »

A l’heure où l’on se projette joyeusement en week-end d’ici quelques heures voire en vacances pour certains, d’autres se demandent comment ils vont réussir à terminer leur journée, à terminer sans craquer…

Il y a quelques temps, une personne est venue me voir pour la première fois. Je me suis demandée pendant toute la séance si elle allait réussir à partir en congés fin de la semaine suivante comme elle l’avait programmée ou si elle partirait en burn out avant… Voir une personne se détruire à petits feux sous vos yeux est d’une violence inouïe. Quand, avant vous, ses proches, sa famille, ses amis, son conjoint, quand le corps médical ont déjà alerté et que la personne refuse de s’arrêter, que faire ?

1) Ce n’est pas si simple

C’est frustrant parce que lorsque l’on donne un conseil à quelqu’un, on aimerait bien qu’il le suive. C’est la moindre des choses, non ? Sérieusement, nous pensons avoir le recul nécessaire comparé à cette personne qui a le nez sur l’accélérateur et fonce droit vers le mur, sauf qu’elle semble sourde à nos « Freine ! Mais freine !!!! « . Elle ne peut pas nous entendre, elle est prise dans son schéma. Elle pense qu’elle va encore tenir, que cela va aller.

Les causes d’un burn-out sont multiples. En jeu : la personne elle-même mais également sa hiérarchie et l’organisation.

Une surcharge de travail à elle seule ne peut déclencher un burn-out mais une surcharge qui devient permanente associée à une absence de soutien de son responsable direct et des enjeux importants pour l’entreprise, c’est le combo magique.

Dans les différents cas dont j’entends parler, il y a également souvent une composante de harcèlement ou du moins comme l’évoque dans son interview, Boris Cyrulnik, de « violence relationnelle » dont je parlais en début de semaine.

Quelle que soit votre relation avec la personne dans cette situation, ce qui ne fonctionne pas me semble t-il, c’est de la culpabiliser « Et ta famille, tu y as pensé ? », de vouloir lui forcer la main « C’est comme ça, tu t’arrêtes, tu n’as pas le choix ». Quant aux bons conseils : « allez lève un peu le pied » , « ce n’est pas grave si tu ne rends pas ce dossier à temps », « prends du temps pour toi! » , ils ne sont pas entendus.

C’est bien gentil tout cela, mais alors on fait quoi ? Pour moi, la solution la plus efficace reste encore d’écouter la personne en lui posant des questions ouvertes, en la faisant parler, en reformulant pour être certain de comprendre ce qu’elle dit. Et de gardez les conseils pour vous dans un premier temps. L’idée : qu’elle se sente un tout petit peu moins seule prise dans cet engrenage infernal, qu’elle se sente en confiance pour ne serait-ce prendre conscience qu’elle a besoin d’aide.

2) Take a break !

Pour recharger les batteries tant physiquement que psychologiquement, des pauses restent la meilleure solution. Or quand la personne est en boucle sur ses dossiers, la réunion avec Untel et sa to do list qui ne fait que s’agrandir jour après jour, même une fois rentrée chez elle, on ne peut pas parler de pauses.

Lorsqu’un de vos proches est dans ce cas, une possibilité est de lui demander de couper son téléphone au moins le temps d’un repas. De lui proposer une activité qu’il apprécie, si possible une activité où la personne est actrice et ne peut pas trop ruminer ou se mettre en pilote automatique.

Trouver un moyen de la faire rire, de la faire sortir de sa bulle même si au départ elle n’est pas très partante.

Dans le cas de la personne rencontrée, je lui avais proposé de prendre 3 minutes par jour pour elle mais de décompression totale. 3 minutes juste pour respirer sereinement, 3 minutes à écouter une musique qu’elle aime, à lire une page d’un livre ou d’un magazine. J’ai choisi 3 minutes pour qu’elle ne puisse pas se dire que c’était impossible à ajouter à son emploi du temps. Et elle a réussi à le faire.

3) Identifier les causes de stress

Lors de la séance avec cette jeune femme, nous avons regardé ensemble les causes de son stress et ce sur quoi elle avait un moyen d’action.

Dans l’approche systémique, on nous rappelle que lors d’un dysfonctionnement relationnel, nous n’avons pas la main pour obliger la personne qui nous agace à changer, en revanche nous pouvons si nous le souhaitons changer des choses dans notre propre mode de fonctionnement.

Qu’est ce que cette personne était capable de changer dans son quotidien pour pouvoir alléger sa charge ? Nous avons vraiment passé en revue ses tâches récurrentes et si la première réaction était plutôt, « non, je ne peux pas lâcher cela ni le faire moins bien ». L’idée a cheminé et le recul aidant, elle a réussi à prendre la décision de déléguer certains dossiers et de ne plus faire aussi parfaitement certaines choses.

3) Un accompagnement psychologique

L’accompagnement psychologique est pour moi indispensable. Malheureusement il arrive souvent une fois que la personne est déjà arrêtée et pas en prévention, quand les signes d’alerte sont là mais qu’il est encore possible d’agir.

Burn-out / épuisement professionnel et dépression semblent souvent liés et les manifestations assez proches. Je laisse aux psychiatres le soin d’en expliquer précisément la différence. De mon expérience et de mes lectures, pour simplifier à l’extrême, dans le cas de la dépression, on sait que l’on va mal et on a le sentiment d’être incompris dans celui du surmenage,il peut y avoir une forme de déni, c’est l’entourage qui alerte quand celui concerné décline les propositions d’aide.

Le burn out est ainsi décrit comme un épuisement extrême après que l’on a poussé à bout pendant longtemps son corps et son esprit.

Un accompagnement psychologique permet d’aller regarder sa relation au travail, à la recherche de reconnaissance, éventuellement à des comportements de types addictifs,. En bref, ce qui a fait que l’on se retrouve dans cette situation et comment ne plus y retomber pour la suite de son expérience professionnelle. Sans cela, la rechute est probable et parfois plus violente encore.

 

Finalement, il me semble que le plus important est de faire réaliser à la personne ce qui se passe et les éléments sur lesquels elle peut agir et bien les dissocier des éléments sur lesquels elle n’a aucune prise. On perd souvent beaucoup de temps à se plaindre de choses que l’on ne peut pas modifier directement. En tant que proche, hiérarchique, collègue ou dans le cadre d’un accompagnement professionnel, nous pouvons aider la personne à prendre du recul sur sa situation mais cela demande de d’abord l’écouter avant de lui proposer des solutions toutes faites qu’elle n’écoutera pas.

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“Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.” 

Marc Aurèle

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