Conflit de loyauté : la mère ou la business woman ?

Comment gérer sa carrière pendant son congé maternité ? Faut-il continuer à travailler à distance pendant son congé pour ne pas perdre sa place ? Faut-il profiter de ce moment unique avec son enfant quitte à essayer de prolonger les quelques semaines du congé légal ?

Dans un précédent article, j’évoquais ce phénomène du congé maternité travaillé. Concrètement comment trouver le bon dosage sans avoir le sentiment de devoir choisir entre la mère et la business woman ?

CAN WE HAVE IT ALL ?

Dans une enquête de cadreo du début du mois, 71% des cadres affirment sacrifier « souvent » ou « parfois » leur vie personnelle pour se consacrer à leur carrière.

En partant en congé maternité, nombreuses sont les femmes qui ont peur d’être oubliées ou de ne pas retrouver leur poste dans son intégralité. Certaines continuent à gérer des dossiers à distance au prix parfois d’une culpabilité envers leur nourrisson.

Alors, comment sortir de cette double contrainte ?

1) La crainte de devenir invisible

Dans mon expérience personnelle pour ma 2ème grossesse, en étant à mon compte, je me suis posée mille questions. La principale était : comment ne pas disparaître de la circulation et effacer en quelques semaines la notoriété que mon cabinet commençait à avoir après deux ans de création ? Je m’épanouis et adore mon métier et ne ressentais donc pas le fait de travailler comme un poids. Pour autant, jusque quand travailler et à partir de quand pourrais-je reprendre ? et comment le faire : communiquer clairement sur des dates précises ou rester floue auprès de mes clients et contacts professionnels ?

Ce qui a fonctionné pour moi est de lâcher sur le fait de faire en fonction des autres.  J’ai arrêté de vouloir caler mes dates d’arrêt en fonction de l’ensemble des contraintes/ besoins de mes différents clients et ai commencé à tenir compte de mes propres besoins et contraintes.

Comment accompagner ses clients si l’on n’est pas soi-même à 100% de mes capacités ?

Tout en m’accordant de faire une pause, je me suis aussi autorisée à être flexible : garder un lien par mail avec mes clients, faire quelques séances si urgence par téléphone ou skype, ou encore continuer ce blog .

Pour les femmes en entreprise, l’inquiétude de ne plus retrouver sa place est également présente.

3 pistes possibles pour y remédier :

  • Garder un contact avec sa hiérarchie, ses collègues proches avec un dosage acceptable pour soi. L’important est de rester informée de ce qui se passe pour par exemple proposer sa candidature si une opportunité se présente
  • Identifier avant son départ un contact privilégié qui nous donnera les informations en « off » sur les réorganisations, l’ambiance, les changements de hiérarchie etc. afin de ne pas être déconnectée de l’évolution de la culture et des codes de l’entreprise lors de son retour
  • Être ouverte aux opportunités : mettez à jour votre profil Linkedin  ou si vous en avez la possibilité et l’énergie, faites un ou deux déjeuners « réseau ». Cela vous permet d’entretenir votre confiance et votre employabilité !

2) La mauvaise mère ?

Quelques temps avant mon accouchement, j’avais un rendez-vous très important dans le cadre d’un appel d’offres. Je me suis mise une pression dingue pour y assister et surtout, je souhaitais pouvoir accepter les premières missions qui en découleraient sans doute quelques jours ou semaines après la naissance. Je me suis dit intérieurement que « mon enfant n’arrivait vraiment pas au bon moment » avant d’être assaillie de culpabilité envers cette idée. Il n’empêche que je l’avais pensé.

L’enfant, frein à sa carrière ? Cela revient à la statistique dans l’article récent du Figaro où près de la moitié des femmes interrogées considère l’arrivée d’un enfant comme l’évènement le plus bouleversant de leur carrière.

Après la naissance, je me suis retrouvée positivement surprise par l’arrivée de différentes propositions et tiraillée en même temps sur ma capacité à pouvoir y répondre : à toutes ? à certaines ? sur quels critères ?
Finalement, à partir de combien de temps pourrais-je reprendre mon emploi sans avoir l’impression d’avoir raté des moments avec mon enfant  ? Est-ce que je risquais de regretter de ne pas avoir pris le temps nécessaire pour en profiter ?

Existe t-il une bonne durée pour rester avec son enfant ? Certaines mères trouveront que les 3 ans de congé parental sont un minimum et d’autres seront ravies de reprendre une vie sociale aux 2 mois et demi de leur bébé. Nous raterons toujours certains moments et j’ai envie de dire heureusement car sinon cela signifierait que notre enfant n’a aucune vie en dehors de nous. Pour ma part,  j’ai donc pris le parti de me dire que si j’étais épanouie en reprenant mon travail mon enfant le serait aussi. Si je reprends plus tôt que le congé légal j’ai l’avantage en étant à mon compte de décider de mon emploi du temps. En tant que salariée, le congé légal s’applique mais sans cette flexibilité d’une reprise progressive. En revanche vous pouvez faire le choix du télétravail si votre entreprise le permet (un ou deux jours par semaine par exemple).

Dans l’étude que j’ai menée sur les interactions entre carrière et parentalité, les femmes interrogées ont, en grande majorité, vécu difficilement la reprise du travail et la première séparation avec leur enfant. Certaines se posaient la question de prolonger leur congé maternité et d’autres de reprendre plus tôt que le congé prévu par leur société pour ne pas être mal vue par leur employeur. Privilégier sa carrière ou sa vie de famille ? Le tiraillement est toujours présent et le spectre de la « mauvaise mère » n’est jamais très loin.

Quelques éléments pour déculpabiliser :

  • Selon une récente étude de l’université new yorkaise de Columbia, les enfants dont la mère a recommencé à travailler quelques mois après avoir accouché ne sont ni plus ni moins heureux que les autres. Si vous êtes épanouie par votre emploi, vous serez dans de meilleures dispositions vis à vis de votre enfant
  • Dans Lean IN, Sheryl Sandberg met en avant une étude montrant que les femmes qui travaillent passent en moyenne autant de temps avec leurs enfants que les femmes au foyer de 1975 (11h par semaine en moyenne)
  • Nicole Fabre, psychanalyste et psychothérapeute analyse cette culpabilité maternelle : « Les mères qui pourraient financièrement s’arrêter de travailler et prendre un congé parental culpabilisent davantage encore » constate . « Elles ont mauvaise conscience de s’épanouir dans leur métier, loin de leur bébé. Alors qu’il ne peut qu’être heureux si elles-mêmes le sont. Surtout si elles se montrent disponibles le soir, affectueuses, sans l’étouffer de câlins pour compenser. »

3) Vous avez dit « lâcher-prise » ?

J’ai dû être arrêtée alors que je pensais pouvoir travailler jusqu’au terme. A l’inverse, epuis mon accouchement, j’ai eu de nombreuses sollicitations alors que je craignais de rencontrer des pour décrocher de nouvelles missions. Résultat : que ce soit avant ou après la naissance, j’ai dû m’appliquer à moi-même ce que j’évoque dans mes ateliers Carrière & parentalité à savoir sortir de l’illusion de pouvoir tout contrôler.

La grossesse réserve son lot permanent de surprises et accepter les imprévus et les incertitudes est nécessaire pour ne pas dépenser un énergie folle à lutter contre des situations sur lesquelles nous n’avons pas la main.

Par les retours de mes clientes et dans les témoignages que j’ai reçus, j’ai noté à quel point la période de la grossesse et du congé maternité sont déroutantes car pour des femmes habituées à planifier, organiser et gérer, ce sont des moments où il est nécessaire d’accepter que notre programme peut-être modifié à tout moment.

Pour ma part, j’estime que ce fameux équilibre vie pro-vie privée est un déséquilibre perpétuel relevant plus de l’exercice d’équilibriste qui manque de tomber sur son fil pendu dans le vide que de la balance parfaite entre deux poids équivalent.

Il n’y a pas UNE recette magique avec des conseils valables pour toutes mais bien des ajustements permanents et à adapter en fonction de chacune et de chaque situation.

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Et vous, comment avez-vous géré votre congé maternité ?
Quelle est la règle au sein de votre entreprise sur le congé et les retours ?

 

 

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