Introversion, mon amour

On a traité mon fils de 6 ans, d’autiste parce qu’il refuse de faire la bise aux gens et dans le meilleur des cas, prononce « bonjour » ou « au revoir » de manière quasi inaudible. « Il faut absolument le faire voir à un psy ! »

La remarque faite à mon fils me semble assez représentative de notre société : un enfant « normal » serait un enfant à l’aise dans les interactions sociales. Enfin, c’est plutôt ce que la société souhaiterait aujourd’hui ériger comme une norme.

Cela m’agace ! Pourquoi avoir besoin de mettre une étiquette systématiquement ? Pourquoi rejeter la différence et la considérer immédiatement comme un problème à traiter ?

Si ce qui me semble relever d’une forme de timidité localisée (mon fils a par ailleurs plutôt des facilités à nouer des relations amicales et participer en classe) est déjà montré du doigt comme une déviance alors comment pouvons-nous accueillir avec autant de bienveillance que possible, tout trouble du développement tel que l’autisme ?

Je rêve d’un monde où les différences, qu’elles soient liées à un trouble, une maladie, ou qu’elles soient uniquement des aspects de la personnalité, ne soient plus stigmatisées par défaut.

Moi je me sens clairement introvertie. Et j’ai appris à écouter cette préférence.

L’extraversion : un idéal sociétal

Je me suis longtemps considérée comme timide et je l’étais ! Je rougissais si je devais prendre la parole, je n’ai jamais levé la main en classe entre mon CP et la fin de mes études supérieures, je n’osais pas aller vers les gens, j’ai longtemps eu peur de répondre au téléphone (et j’avoue, je ne décroche encore pas toujours si je ne connais pas le numéro, vous voilà prévenus 😉 ).

Je le vivais mal car je trouvais que cela me pénalisait dans la vie de tous les jours car culturellement il est bien vu d’être à l’aise à l’oral. C’est beaucoup plus prononcé aux États-Unis mais en France, on n’y coupe pas totalement, la personne à l’aise en société semble un idéal à atteindre.

J’ai donc pris des cours de théâtre en même temps que j’ai démarré à travailler. J’ai adoré ces années et j’ai rencontré une troupe que je continue à voir. Cela a participé à me sentir plus à l’aise en tout cas à dépasser l’angoisse de monter sur scène.

C’était mieux mais ce n’était pas encore le niveau d’aisance valorisé, y compris dans le monde professionnel. Je n’étais toujours pas de celles et ceux qui prenaient la parole sans hésitation, qui convainquaient leur auditoire.

En même temps, ce niveau d’extraversion souhaité frôlait pour moi l’arrogance ou un manque de considération face à autrui. Je n’avais pas envie de ressembler à cela. Alors que faire ?

L’introversion, ce n’est pas une maladie à soigner

C’est ce que j’ai réalisé la première fois que j’ai passé le test MBTI (Myers Briggs Type Indicator). La première dimension sur laquelle on se positionne c’est l’axe Introversion / Extraversion.

Introversion étant une préférence pour l’introspection, pour réfléchir avant d’exprimer une opinion, d’avoir besoin de temps dans sa bulle. Cela me représentait parfaitement et donc pour la première fois, je ne l’ai pas considéré comme un problème mais comme une partie de mon caractère.

Ce n’était pas mieux ou moins bien qu’une préférence pour l’Extraversion. C’était juste ainsi. Et c’était différent de timide. Je pouvais donc préférer être seule, ne pas prendre la parole au sein d’une réunion sans que cela soit un souci à combattre.

Aujourd’hui, j’ai déjà animé une conférence devant une salle de 100 personnes, fait des ateliers avec 50 personnes, même chanté (!) devant 70 personnes. J’aurais bien rigolé si on m’avait dit cela il y a quelques années.

Pour cela, j’ai travaillé sur moi et ma capacité à prendre la parole en public mais surtout, j’ai accepté que mon introversion était une de mes forces. J’ai découvert que paradoxalement, grâce à cela j’avais des facilités relationnelles car je nouais des relations avec peu de personnes mais de qualité.

Dans un cocktail, je ne suis pas très à l’aise mais je m’en sors justement en repérant des personnes qui me semblent sympathiques et si ça fit je peux avoir une conversation sincère et profonde quitte à ne pas passer de temps avec d’autres personnes. Et si je me retrouve dans un groupe, je commence par écouter et j’interviens si je le sens.

J’ai une préférence et une facilité pour les échanges en tête à tête ou par écrit. L’écrit, c’est mon mode par défaut. Si j’ai le choix, je n’hésite pas longtemps entre un mail ou un coup de téléphone. J’ose même me confier sur ce blog parfois plus facilement qu’en direct.

Et aujourd’hui, c’est une force pour mon métier de coach d’aimer être seule sinon cela ferait bien longtemps que j’aurais pété les plombs. Pour l’écriture aussi, cela m’est bien utile.

Alors finalement, peut importe ! Introverti, extraverti, nous sommes tous différents. Les outils de personnalité peuvent nous aider à valoriser nos caractéristiques. Encore faut-il se rappeler que ces outils ne sont que des tentatives pour simplifier et rendre accessible au plus nombre le concept de personnalité.

Ces cases, ces étiquettes sont rassurantes, notamment parce qu’elles nous donnent le sentiment d’avoir réussi à modéliser ce qui fait notre caractère. Pourtant, nous ne nous définissons pas uniquement par ce prisme, de même qu’il serait extrêmement réducteur de considérer un collègue simplement par le résultat de son test que ce soit une lettre, une couleur ou autre.

Il me semble important de nous rappeler que notre peur face à tout ce qui diffère de la norme sociale intégrée peut-être dépassée en s’intéressant à la personne en face de nous, indépendamment des étiquettes qui lui ont été attribuées, pour apprécier comme le dit Kristin Neff, « notre humanité commune. »

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Et vous, comment vous sentez-vous face aux étiquettes ?

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