Quand le besoin de validation extérieure nous handicape…

Hier, j’ai pris conscience que, contrairement à ce que je croyais, je continuais à chercher une validation externe sur différents plans. Or, cela me paralyse parfois plus que cela ne me fait avancer.

Bien sûr, cela semble normal de tenir compte de l’avis des autres ou d’estimer son travail en fonction de l’atteinte ou non des objectifs fixés. Sauf quand cette quête de reconnaissance se substitue à sa propre validation.

Dans mon cas, ce besoin de validation externe prend plusieurs formes. Celle de ne m’estimer légitime que lorsque mon cabinet dégagera un chiffre d’affaires suffisant. Celle de me fixer l’édition comme but à atteindre pour un roman que j’ai écrit il y a longtemps et que je retravaille à nouveau en ce moment. Celle d’être en train de guetter l’approbation de ma prof de chant pendant mes cours, est-ce que la note est juste, la technique ok ?

Cela correspond au bon vieux mécanisme du perfectionnisme finalement ! D’ailleurs besoin de reconnaissance et perfectionnisme sont carrément BFF*, ils s’entrainent et vous tirent avec eux vers le bas …

Et en quoi est-ce un problème pour moi ? Parce que cela me bloque, j’ai le sentiment que c’est le mythe de Sisyphe revisité. C’est sans fin et cela ne me permet pas de profiter de ce que j’ai déjà si j’attends toujours qu’un élément externe valide ma performance.

Pourtant, être validé par d’autres est nécessaire..

Dans le monde scientifique, entre chercheurs, l’évaluation par les pairs est un process clé qui permet de valider, contrôler et de s’assurer de la qualité de l’étude, des données avant de publier un article ou solliciter une subvention par exemple.

Cette peer review est saine et participe à la rigueur des avancées scientifiques. Savoir se soumettre au regard et à la critique de personnes qui s’y connaissent autant ou plus que vous dans votre domaine me parait nécessaire pour avancer. A l’heure où tout le monde s’autoproclame expert de quelque chose, nous pourrions gagner à avoir plus de qualitatif et de sérieux en suivant cette méthodologie.

Dans mon métier de coach, je suis supervisée, c’est à dire qu’une personne coach/ thérapeute et formée à la supervision, m’accompagne à prendre du recul et à grandir en tant que coach. C’est une garantie de continuer à se développer, à ne pas jouer aux apprentis sorciers, à avoir un garde fou.

Ce procédé est hyper important pour moi et j’adore aller à mes séances de supervision alors pourquoi donc serait-ce un souci d’avoir besoin d’une validation extérieure ?

… mais ne doit pas venir remplacer ma propre validation

Si la reconnaissance extérieure à soi est souhaitable, elle ne doit pas remplacer, pour moi, sa propre validation et sa propre reconnaissance. L’idéal serait d’avoir les 2 : d’être capable d’entendre un feedback tout en ayant une conscience de sa propre valeur et donc de ne pas s’écrouler au moindre retour négatif.

Vous avez peut être dans votre entourage un proche ou un ami qui lorsque vous lui faites des compliments les balayent d’un revers de main. Il n’arrive pas à les prendre. Peut-être en partie parce que cette personne ne s’estime pas suffisamment elle-même (le fameux « I am enough«  de Brenée Brown). Et là on retrouve Sisyphe car vos éloges seront avalées par un puit sans fond. Pour que vos encouragements puissent être entendus et intégrés, il faudrait que la personne puisse déjà s’apprécier et se valider sur les points que vous évoquez (son physique, son intelligence, sa créativité etc. ).

Dans une scène d’une série un peu barrée sur la musique classique , Mozart in the Jungle, le chef d’orchestre dit à son élève qu’elle ne sera jamais une bonne cheffe d’orchestre car elle écoute trop toutes les recommandations : de lui, de ses professeurs, de son père et qu’elle doit au contraire plus être au contact de la musique et de son propre ressenti.

Et si je réfléchis à mon cas personnel, j’ai le sentiment d’être, beaucoup plus qu’avant, au contact de mon ressenti. S’il me reste encore du trajet à parcourir, j’ai déjà franchi de nombreuses étapes.

Je sais désormais tenir compte de mes besoins, de mes souhaits, développer mes propres projets. Je suis vigilante à ne pas mettre le curseur en fonction de ce qu’on attend de moi. C’est notamment cette prise de conscience qui m’a permis de quitter le salariat pour être mon propre patron et de créer mon cabinet de coaching.

Alors finalement, qu’est ce qui me manque aujourd’hui sur ce chemin pour moins faire les choses dans l’espoir de recevoir une validation extérieure ?

De savoir valoriser le chemin parcouru et continuer à tenir compte de mon ressenti en me souvenant régulièrement de me poser la question :

Est ce que moi ça me plait ? Est ce que j’aime ce que fais ? Comment je me sens ? Sur quoi ai-je progressé ?

Dans un livre intitulé Créer , Amélie Nothomb cite Proust pour rappeler que dans la création d’un livre, il faut avant tout se faire plaisir à soi.

« Si l’on écrit dans l’idée de donner du plaisir aux autres, on risque bien de ne pas y arriver, si on écrit dans l’idée de se donner du plaisir à soi, on risque bien de donner du plaisir aux autres »

Marcel Proust

Il ne me reste donc plus qu’à vérifier que mon roman me fait avant tout plaisir à moi… 😉

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Et vous, attendez-vous d’avoir l’aval de l’extérieur pour avancer ?

Sur quoi vous vous faites confiance sans rechercher une reconnaissance externe ?

*BFF : Best Friend Forever

3 réponses à “Quand le besoin de validation extérieure nous handicape…”

  1. Murielle dit :

    Héhé contente de voir que tu te remets à l’écriture… 😉

  2. Guillaume dit :

    Bravo Clémence pour cet article très pertinent, d’autant plus juste que tu n’hésites pas à te dévoiler.

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