Le pouvoir de l’émerveillement

Hier midi : il neige !Il neige 3 flocons et « le temps suspend son vol ». Il neige pendant des heures et j’ai la très forte tentation de passer la journée le nez collé à la fenêtre pour la regarder tomber encore et encore.Il neige toujours et le soir venu, les transports partent en vrille, les taxis affichent 15mn d’attente depuis 20mn et pour certains, l’exaspération commence à monter. Fin de l’émerveillement.Et si on tentait une journée entière de regard neuf ?

« C’EST PAS LE MONDE DES BISOUNOURS »

J’en conviens quand c’est la galère, râler est un réflexe immédiat.

« Ah voilà, ah bah c’est toujours pareil, 1cm de neige et tout s’arrête ».

Effectivement, c’est agaçant mais si on essayait de prendre un peu de recul sur la situation, de l’évaluer à sa juste valeur et d’en rire un peu de tout ce bazar mi immaculé mi gadoue.

REGARD DU CLOWn

Mon fils hier soir m’a sauté dessus dès mon arrivée pour me raconter, haletant, des étoiles dans les yeux, l’aventure de la cour de récréation en version enneigée et comment son copain Antoine a lâché la neige qu’un surveillant leur apportait, constatant que (spoiler alert) c’était tout de même extrêmement froid alors que mon fils lui faisait une mini boule de neige et se réchauffait ensuite les mains dans ses poches car…etc.Je ne l’arrêtais plus. C’était l’aventure. L’Aventure avec un grand A, l’excitation de la nouveauté pas tout à fait nouvelle mais si délicieuse.Lorsque l’on fait du clown, une fois qu’ on porte son nez rouge, on fait cet effort de revenir à celui que l’on était quand on ne savait rien, à s’émerveiller , s’interroger sur tout, tout regarder comme si l’on n’avait aucun a priori.Eviter peut-être le nez rouge avant mardi gras la semaine prochaine (a voir en fonction du degré de tolérance à l’humour au sein de votre équipe) mais pourquoi ne pas porter un regard neuf sur ce que vous croyez connaître par cœur.Avoir ce fameux rapport d’étonnement que l’on demande aux derniers arrivés avec cette idée d’avoir un regard bienveillant, de trouver ce qui vous plaît, ce qui fait la différence et ne pas seulement voir l’ensemble des choses qui ne vont pas .Dans la démarche appréciative, sans nier pour autant les problèmes, pour les résoudre on va regarder ce qui fonctionne bien pour s’en inspirer, le déployer à plus grande échelle ou le systématiser.Et nous depuis quand n’avons nous pas posé un regard de curieux sur nos processus internes, le dernier projet d’entreprise ou un changement organisationnel ?Je vous l’accorde, en terme d’emerveillement entre le projet trucmuche et la neige, la neige gagne haut la main. Mais testons pour voir.Tentons de contrer le « on a toujours fait comme ça ! » par « ah oui, mais qu’est ce qui est à l’origine de cette décision ? Cela fait encore du sens aujourd’hui ? Pourrait on faire différemment ?Je ne suis pas naïve au point de penser que vous pouvez tous, quel que soit votre niveau hiérarchique, la grandeur de votre entreprise ou sa capacité d’adaptabilité en terme de process, changer les choses.En revanche, vous avez peut-être une possibilité de vous interroger sur des projets / missions sur lesquelles vous avez une expertise et une légitimité ? 

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Alors ça donne quoi une journée version « oh regarde, il neige ! c’est trop beau … » en entreprise ?